Cycle de conférences

France

 Cycle de conférences sur dix artistes des années 70-80 en France Initiation à l’art contemporain par l’étude des pratiques d’artistes, fondateurs d’attitudes d’ouverture et d’expérimentation. Par Evelyne Artaud, critique d’art, commissaire d’expositions, éditeur.

Quoi de plus élégant que l’inachevé qui permet d’imaginer en toute liberté tous les possibles, ouvrant ainsi l’horizon qui recule au fur et à mesure que l’on s’avance, et qui comme la beauté, en dessine la ligne insaisissable. S’il est une qualité esthétique de la création d’un hors cadre, opérée dans les années 70 par la génération d’artistes dits de la « déconstruction », elle serait alors dans l’inachèvement de leur geste qui a permis que leurs œuvres, en rupture avec les codes convenus de la peinture de chevalet, ouvrent ainsi l’incroyable liberté de styles et de techniques de ce que va devenir l’art dit contemporain, et par ce geste inaugural, définissent le lieu de l’art comme celui de l’esquisse.  Maintenant à maturité, ces œuvres prennent tout leur sens dans ce geste, sans nécessairement qu’il fut alors volontaire. Car ces moments de rupture, dont ils ont été les acteurs, n’ont pas simplement remis en cause les cadres précédents, mais ils ont aussi remanié la pensée en fonction d’idées et d’attitudes nouvelles. Ces attitudes, par ce geste tout juste esquissé, ont opéré des effets critiques de renversement, d’échappée, de déviation, de déplacement, d’allègement de la trace, produisant des œuvres qui sans cause apparente, ont redéfini les limites devenues incertaines entre l’environnement et l’art, la représentation et l’art, entre le « tout est art » et ce qui est art : là s’y seraient jouées les transformations formelles. En ceci que ce geste diffère de l’acte qui engage, il est un geste gratuit, léger, sans intention et sans expressivité particulières, il est là pour la beauté du geste, ou pour ce qui en « reste », comme une écriture qui ne veut rien signifier, porteuse d’aucune sorte de message, comme une manière d’être dans un lieu, qui par un geste élégant et souvent ironique feint de le traverser, de le détourner, de le gauchir, de le transformer, pourquoi ? « Pour rien » ?

 

 

 

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